Comprendre et agir contre le harcèlement : retour sur le séminaire des Espaces Parents
Le 11 décembre dernier, l'Udaf94 organisait son séminaire annuel des Espaces Parents autour d'un thème particulièrement préoccupant : le harcèlement et le cyberharcèlement. Réunissant professionnels, parents et intervenants spécialisés, cette après-midi a permis de mieux comprendre le phénomène, de partager les réalités du terrain et d'identifier des pistes d'action concrètes.
La première partie de la rencontre était consacrée au diagnostic des Espaces Parents du Val-de-Marne, présenté par la chargée de mission à l’Udaf94. Ce travail, mené auprès de 21 structures via questionnaires et entretiens, met en lumière une grande diversité des pratiques et des publics.
Les difficultés les plus souvent citées sont la mobilisation des parents, le manque de visibilité et des moyens contraints. Les structures expriment des attentes fortes envers l’Udaf94 : davantage de mise en réseau, des outils pratiques mutualisés et un soutien renforcé. Des recommandations ont été formulées : organiser des rencontres régulières entre structures, créer une boîte à outils commune, diffuser une newsletter de réseau et renforcer les partenariats avec l’Éducation nationale.
Hervé Duparc, psychologue à la Maison de l’Adolescent de Champigny-sur-Marne, a ensuite exposé les mécanismes et impacts du harcèlement par les pairs. Le harcèlement se définit par trois critères cumulatifs : une violence intentionnelle, une répétition et une relation de domination conduisant à l’isolement de la victime. En France, plus d’1 élève sur 10 est concerné, soit environ 700 000 enfants chaque année. Les conséquences peuvent être graves : décrochage scolaire, troubles psychologiques, et dans les cas les plus extrêmes, le passage à l’acte suicidaire. 2 suicides par mois sont attribuables au harcèlement, et 1/4 des adolescents harcelés déclarent avoir eu des pensées suicidaires. Les formes varient selon l’âge et le genre : physique en primaire, verbale au collège, numérique au collège et au lycée. Les prétextes sont multiples : apparence, orientation sexuelle, han-dicap, appartenance sociale, mais tous traduisent un rejet de la différence.
Alexandra Leghmizi et Julie Chaubet, chargées de mission au pôle départemental de lutte contre le harcèlement scolaire du 2nd degré, ont présenté le programme pHARE. Il repose sur la mobilisation des équipes ressources et des élèves ambassadeurs formés ainsi que de temps forts de prévention et d’ateliers de sensibilisation à l’attention des familles. Les équipes sont formées et chargées de mettre en œuvre le protocole de prise en charge des situations de harcèlement. En cas de situation avérée, les parents sont invités échanger avec leur enfant, à contacter la direction de l’établissement et à documenter les faits. Ils peuvent aussi appeler la ligne académique 0800 60 07 90 et le 3018. Et le dispositif pHARE sera ouvert.
Richard Steyer, directeur général de l’École des Parents et des Éducateurs d’Île-de-France, a partagé les témoignages et l’expérience de sa structure. L’EPE IDF dispose d’un pôle parentalité et propose aux parents un LAEP, des cafés des parents, 1 CMP et des ateliers thématiques. Elle gère également le Fil Santé Jeunes, service d’écoute anonyme et gratuit qui traite chaque jour 150 à 200 sollicitations par téléphone et chat. Chaque jour se relaient, 25 écoutants salariés professionnels. Les thèmes les plus abordés en ligne sont les difficultés psychologiques (37,5 %), les violences (12,4 %) et les relations (15,3 %).
Cette journée a confirmé l’importance de construire des réponses collectives, en associant parents, professionnels de l’éducation et structures d’accompagnement.
Pour aller plus loin, plusieurs ressources sont disponibles :
la plateforme de formation du cned, le site du gouvernement, et le 3018 pour toute situation d’urgence.