Expertise

Enfant et MDPH –  S’engager en médiation familiale pour discuter des désaccords sur les démarches et l’acceptation du handicap.

Quelle que soit la structure qui signale ou corrobore ce que présuppose un parent en terme de particularité de développement de son enfant, des démarches pour une reconnaissance de la situation s'avèrent souvent nécessaire. Dans les cas les plus lourds, des évaluations diagnostiques de divers ordres émaillent le début d'un parcours qui impliquent de façon importante les parents. Lorsqu'un accompagnement médico-social devient nécessaire pour des orientations ciblées, l'ouverture de droits par le biais d'une reconnaissance passe par une demande à la MDPH.

Que les parents forment un couple ou soient séparés, des désaccords peuvent naître de la façon dont chacun aborde les difficultés de l’enfant. Les mésententes sont amplifiées par des conflits antérieurs sous-jacents.

De fait, la perception des difficultés ou la tolérance à certaines spécificités dépend aussi de l’expérience propre du parent et de la façon dont il projette le futur de l’enfant. Ainsi, au cours d’une séance de médiation familiale, un père comparait les difficultés scolaires de son enfant à son propre parcours somme toute banal, alors que la mère annonçait un soupçon de « trouble dys » à confirmer par un bilan.

Par ailleurs, les parents séparés ont, par force, des expériences différentes des facultés de leur enfant quand les modes de vie d’un foyer à l’autre amènent à laisser s’exprimer différents aspects de ses comportements. Des parents ne percevaient pas de la même façon l’agitation de leur petit garçon qui bénéficiait dans un cas d’un vaste jardin et d’activités pour canaliser un trop plein d’énergie, contrairement à l’autre domicile exigu où l’on s’interrogeait sur la notion d’hyperactivité.

D’autre part, lorsque la résidence habituelle est attribuée à un parent, la charge liée aux besoins spécifiques d’un enfant que ce soient le temps engagé auprès de lui, les soins extérieurs parfois multiples, les démarches à entreprendre, est supportée par lui seul et de ce fait rendue partiellement invisible à l’autre parent.

Ainsi, de nombreux facteurs sont susceptibles de se cumuler pour faire obstacle à un regard partagé sur la situation. De plus, la reconnaissance du handicap peut mettre à mal l’image du parent dans une forme de culpabilité de sa part de responsabilité, bien qu’infondée.

Dans tous ces cas, la médiation familiale offre aux parents en désaccord ou dont la temporalité d’élaboration n’est pas similaire, un espace de parole non jugeant soumis à la confidentialité, leur permettant de se sentir écouté et entendu par l’autre sur tous les sujets qui leur permettent d’avancer vers des prises de décisions élaborées en commun dans l’intérêt de leur enfant.

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