Maintenir une communication entre l’enfant et le parent dont il est éloigné durant les vacances
La médiation familiale est ouverte à tous échanges entre les parents cherchant à se mettre d’accord sur des points divers relatifs à leur coparentalité. La communication entre l’enfant, voire la fratrie, et le parent duquel il est éloigné le temps d’une résidence, qu’elle soit principale ou liée à une modalité d’alternance, en fait partie. Durant les périodes de vacances, ce sujet peut apparaître plus important pour chacun des parents séparés plus longuement de leurs enfants et ayant moins de visibilité sur leur quotidien.
Garder le contact avec son enfant éloigné
La médiation familiale offre l’opportunité aux parents de discuter, dans un cadre confidentiel, de leur organisation lors d’une séparation en cours ou déjà actée. Communiquer avec son ou ses enfants lorsqu’il est au domicile de l’autre parent ou en séjour avec lui, peut nécessiter de se mettre d’accord sur les modalités, les fréquences, les moments, les réajustements. La situation paraitra généralement spécifique lorsque la rupture entre les parents s’avère récente. En effet, après cette période de crise et de réaménagements, les vacances peuvent représenter une période longue de séparation à laquelle chacun doit s’habituer. Ainsi, en séance de médiation familiale, une mère prenait conscience qu’elle n’avait jamais été séparée la nuit de sa petite fille de 3 ans, Lisa , alors qu’allaient se mettre en place les week-end chez son père. Lisa en était très proche et la mère avait toute confiance en lui. A l’idée de devoir se projeter sur les prochaines vacances d’été où l’éloignement de son enfant serait d’une dizaine de jours consécutifs, Madame a pu à l’aide du professionnel s’exprimer sur ses difficultés propres et les mettre en perspective de ce qu’il en serait éventuellement pour leur enfant afin de les distinguer. Formuler ses craintes tout en reconnaissant les compétences du père à tenir compte des besoins de Lisa à maintenir des contacts téléphoniques avec elle, a ouvert un espace de dialogue leur permettant de collaborer autour des différents enjeux.
A chaque situation sa solution
Selon l’âge de l’enfant, la qualité de ses attachements, ses habitudes de séparation avec ses parents, la vie familiale chez chacun des parents, les réponses apportées par les familles seront différentes. L’intérêt de la médiation familiale lorsque la communication est difficile entre les parents est de leur permettre de s’entendre sur des solutions qu’ils auront construites sur mesure, en fonction des particularités qui sont les leurs. Cela peut les amener à plus d’ouverture et de créativité dans les propositions. Le médiateur, neutre et impartial, accompagne les paroles mais les participants restent responsables des choix co-construits au cours de la séance.
Il arrive qu’au cours du processus de médiation familiale, confronté à l’idée d’éloignement lié au séjour de l’enfant avec l’autre parent, un parent hébergeant prenne davantage conscience des ressentis partagés concernant l’absence pour l’autre parent au quotidien. Cela les encourage à s’accorder sur les moyens à mettre en œuvre d’un commun accord pour y pallier dans les différents contextes.
Les vacances, une période différente
Souvent des accords sont pris concernant la communication du parent à distance de l’enfant durant les vacances. Il s’agit généralement d’appels téléphoniques qui peuvent selon les familles être à la demande de l’enfant, fixer par le parent avec qui il est, être initié par le parent éloigné, dans un créneau horaire fixé ou non à l’avance. De nos jours, par appel s’entend souvent appel en visio ce qui amène aussi à des discussions autour de ce qui peut être montré de l’espace où se trouve l’enfant et des restrictions qui émanent du parent à proximité de l’enfant.
Les limitations de l’usage du téléphone pour les adolescents ou la facilité avec laquelle ils choisissent par eux-mêmes de contacter l’autre parent, de lui envoyer photos et vidéo dépend des règles familiales au sein du foyer dans lequel ils se trouvent. Les principes éducatifs et les différences entre les lieux de vie peuvent être source de conflits et de discussions entre les responsables légaux. Au cours d’une séance, une mère trouve anormal de recevoir des sms de sa fille de 11 ans quand elle est en vacances chez son père à des heures qu’elle juge trop tardives et voudrait cadrer l’utilisation du smartphone quand la jeune fille est chez l’autre parent. Pour celui-ci, la période des congés est spécifique, d’autant plus que leur fille se retrouve avec des cousins plus âgés, et des règles particulières peuvent alors s’instaurer dans cet environnement. Une fourchette de limites horaires à ne pas dépasser perçues comme raisonnables par tous deux signera leur accord oral.
D’autres cas de figures peuvent amenés à des échanges aux cours des séances. Ainsi, un père souhaitait pour lui-même et à titre éducatif « couper les écrans » durant les vacances, sauf urgence. L’idée de passer par des carte-postales et des écrits dans la période estivale en faisant valoir ce changement d’habitude peut-être valorisée par la trace, en terme de souvenirs, qui restera avec le temps : les paroles s’envolent les écrits restent.
Pour conclure : La médiation familiale au service des familles
Quel que soit le contexte de la séparation, la particularité de la famille et les différences entre les foyers de vie, le médiateur familial en tant que tiers bienveillant va permettre à chacun de s’exprimer en fonction de ses besoins, en cherchant à préserver l’intérêt de l’enfant. Ce dernier, absent physiquement, reste au cœur des décisions. De la sorte, selon son développement, les habitudes antérieures instaurées par la famille et tous les facteurs susceptibles de jouer un rôle dans les accords qui seront trouvés au sujet des modalités de contact avec un parent temporairement éloigné, les solutions trouvées seront propres à chaque famille.