Médiation familiale et culture éducative parentale : quel impact de la séparation sur l’éducation des enfants ?
En tant que médiateurs familiaux, à la suite d’une séparation parentale, nous observons une révision des valeurs familiales et éducatives communes, aboutissant à la perte du compromis parental. Dans cet article nous vous proposons de découvrir le bénéfice de la médiation familiale à travers une illustration clinique….
Monsieur sollicite la médiation familiale à la suite de la séparation avec Madame. Ils ont deux enfants en commun. Les deux parents sont d’origine Sénégalaise et Malienne, à la différence que M. est né en France et Mme au Sénégal. Ils appartiennent toutefois au même groupe ethnique et chacun de leurs parents ont immigré en France.
Lors des entretiens d’information individuels, les parents font comprendre que la demande de médiation est liée à leur désaccord sur la gestion financière autour des enfants et sur les modalités du droit de visite et d’hébergement de leurs enfants. S’engage alors une séance de médiation durant laquelle l’aspect financier occupe la plus grande partie des échanges. Chacun des parents exprime son incompréhension sur l’origine de ce conflit, le père avançant que le choix de leur union liée à leur culture commune « traditionnelle » n’aurait pas dû générer autant de désaccords, autant durant leur vie de couple qu’après la séparation.
Le médiateur engage avec eux un travail de clarification des positions de chacun, le but étant d’amener les parents à une meilleure compréhension de l’autre, sans forcément les amener à un consensus.
En réponse, la mère affirme son souhait de se conformer à la culture dans laquelle elle vit. Elle revendique donc les droits et les devoirs liés au territoire, contrairement à M. qui revendique l’application d’une culture d’origine plus traditionnelle.
Malgré ces clarifications, les mésententes persistent entre les participants sur la gestion du budget. Pour Monsieur se serait à lui de décider et de prendre en charge les sommes allouées aux achats pour les enfants. Madame de son côté, s’y oppose, avançant des contraintes logistiques mais aussi sa liberté de mère. La médiatrice va alors leur permettre de remettre au centre des débats l’intérêt des enfants, dans un contexte de parents séparés. En leur demandant de se projeter à travers différents scénarios sur l’impact de tel ou tel choix par rapport aux besoins des enfants, une meilleure vision des risques et avantages « sur le terrain » des options éventuelles, permet de faire évoluer les échanges. Il ne s’agit plus de revendiquer pour soi une organisation, mais d’accepter de faire des concessions sur les motivations antérieures en considérant la nouvelle configuration familiale.
A partir de ce moment, la séance se poursuivra, en cherchant une répartition des postes financiers entre chacun des parents adaptés aux besoins des enfants et aux possibilités des parents, en conciliant ces deux paramètres.
C’est en remettant au centre des discussions l’intérêt des enfants, que la médiation familiale se propose de permettre aux parents de trouver, par eux-mêmes, des accords durables.