S’engager en médiation dans un contexte judiciaire
L’espace de médiation familiale peut être solliciter de manière spontanée par les personnes hors cadre judiciaire ou bien dans un cadre judiciaire sur invitation ou injonction d’un juge aux affaires familiales, d’un juge des tutelles ou encore d’un juge pour enfants aux différentes étapes de la procédure.
Le cas ci-dessous donne une illustration du processus d’engagement des personnes en médiation dans le cadre d’une injonction par un juge aux affaires familiales.
Mme et M. sont enjoints par le Juge aux Affaires Familiales à entrer en contact avec notre association afin de participer à un entretien d’information préalable à la médiation familiale alors qu’ils sont en instance de divorce après plus de 10 ans de vie commune dont 7 ans de mariage.
L’injonction leur est signifiée lors de l’audience, et un document leur parviendra peu après, un exemplaire étant également communiqué au service de médiation.
M. appelle rapidement pour prendre rendez-vous alors que le secrétariat contacte Mme afin d’organiser l’entretien qui se tiendra individuellement. Son emploi du temps étant chargé en semaine, la première rencontre se fera un samedi dans un lieu de permanence éloigné de son domicile. M. sera reçu dans un autre lieu, adapté géographiquement à ses besoins, en soirée.
Lors de ces entretiens, chacun donnera sa vision de la situation et son regard sur les attentes de la Justice. En l’occurrence, ils avanceront l’idée de partage des biens communs, encore détenus par Mme dans le logement qu’ils partageaient avant le départ de M. Celui-ci évoque des instruments de musique, des disques, des cadeaux offerts au couple par des membres de sa famille qui selon lui, lui reviennent… Il stipule des désaccords sur une proposition faite par Mme qui ne tient pas compte de la valeur sentimentale de certains objets mais uniquement de la valeur économique. Mme, de son côté, parlera de sa lassitude et de son désir d’en finir en coupant la poire en deux de façon à ce que personne ne soit lésé d’un point de vue financier. Elle regrette que M. ne soit pas d’accord avec son inventaire alors qu’elle y a passé du temps…
La médiatrice familiale expliquera à chacun les principes et conditions de la médiation familiale, en insistant notamment sur les différences d’avec les autres acteurs impliqués dans la procédure, les avocats notamment et la place particulière de la médiation familiale dans ce contexte.
A cette étape, les personnes sont libres de ne pas s’engager dans un processus de médiation familiale, tout en manifestant le sentiment de ne pas avoir le choix, craignant un impact défavorable de la suite s’il renonce à aller au-delà de ce premier rendez-vous. La médiatrice va alors échanger avec chacun pour que leur éventuelle décision de s’engager pour une séance en commun ne soit pas le fruit de craintes mais réponde à leurs besoins propres. Le risque serait qu’une séance se déroule sans que les personnes ne soient vraiment volontaires mais se sentent obligés par la situation, ce qui est contraire aux principes de la médiation familiale. De ce fait, un délai de réflexion est octroyé à Mme de façon à ce que sa réponse ne soit pas précipitée.