Quand l’enfant grandit, la coparentalité s’ajuste : la médiation accompagne le changement
Qui dit rentrée scolaire, dit enfants qui grandissent. Alors, une évolution du rythme de l’organisation du droit de visite et d’hébergement semble nécessaire. Parfois, la demande est celle d’un des parents, parfois la demande est celle de l’enfant. Dans tous les cas, la médiation familiale accompagne les familles dans la compréhension de la situation et la recherche d’une solution. On vous invite à lire ces cas pratiques vécus en médiation pour mieux comprendre…
1ère situation : quand la demande de changement est à l’origine de l’enfant
Les parents qui viennent nous voir ont une enfant âgée de 12 ans scolarisé en 5ème. Ils sont séparés depuis 7 ans. Une résidence alternée a été mise en place dès la séparation, mais sans cadre judiciaire.
En septembre 2024, leur fille manifeste son souhait de vivre en résidence principale chez sa mère. Madame indique que le sujet revient régulièrement de la part de leur fille depuis plusieurs années.
Les parents évoquent régulièrement ensemble la situation mais le père reste indécis sur la décision à prendre : leur fille a donc changé plusieurs fois de mode de résidence jusqu’à la fin de l’année, passant d’une résidence principale chez la mère à une résidence alternée à plusieurs reprises.
Cette situation a créé des tensions autant entre les parents qu’entre le père et sa fille.
A la suite de cette période, Madame a voulu déposer une requête auprès du JAF pour clarifier la situation. Et sur les conseils de son avocat, elle a été orientée en médiation familiale. Toutefois, sa première intention était d’obtenir un document attestant de sa démarche de médiation pour poursuivre la procédure. Mais lors de l’entretien d’information préalable à la médiation, elle a été convaincue du bien-fondé de la médiation. S’en est donc suivi une prise de contact avec M. qui a abouti à la mise en place d’une première séance de médiation familiale.
Durant la séance de médiation Monsieur se montre opposé à un changement de rythme. Il a besoin de comprendre les motivations de sa fille car selon lui tout se passe bien dans son quotidien partagé avec elle.
Les échanges en médiation ont permis de faire émerger le besoin de stabilité de leur fille. En l’occurrence, le père explique avoir déménagé à plusieurs reprises les dernières années et avait un emploi du temps professionnel variable.
A l’issue de cette séance, les parents s’accordent pour tester une nouvelle organisation. La résidence alternée sera modifiée selon le rythme suivant : du lundi après l’école au mercredi de la semaine suivant chez la mère et du mercredi midi au lundi matin pour le père.
Cette organisation va faire l’objet d’une expérimentation jusqu’à la prochaine séance de médiation prévue 3 mois après. Cette expérimentation permet aux parents de vérifier si le problème est liée au rythme de l’alternance en tant que telle ou un mal-être de leur fille.
La médiation familiale a donc permis de trouver une organisation qui réponde à la demande de leur fille et qui respecte le besoin des parents de participer au quotidien.
2ème situation : quand les parents se projettent dans une évolution liée à l’âge de l’enfant
Madame et Monsieur ont sollicité le service de médiation car ils veulent un soutien dans la rédaction de leur convention de divorce amiable qui sera homologuée par le notaire.
Leur fils, âgé de 13 ans, n’est pas encore au courant de la séparation car les parents veulent que la partie organisationnelle soit discutée et mise par écrit avant de mettre en place la décohabitation parentale.
Les parents s’accordent sur la mise en place d’une garde alternée. Toutefois, durant leurs échanges, les parents évoquent la possibilité d’une évolution du mode de résidence car ils sont conscients que leur fils, arrivé à l’adolescence, pourrait manifester un besoin de résidence principale. En effet, dans les situations de résidence alternée, on constate souvent que les adolescents manifestent un besoin de stabilité qui se traduit par le fait de vouloir vivre dans un seul domicile. Par exemple, ils peuvent dire « j’en ai marre de faire ma valise chaque semaine » ; « c’est compliqué car j’oublie toujours des affaires chez l’un ou l’autre »…
Les parents ont donc voulu anticiper en s’accordant sur le fait que les besoins de leurs fils passeront avant les leurs, mais qu’un accord préalable entre les parents sera nécessaire avant d’acter le changement du mode de résidence. Aussi, ils ont décidé d’inscrire cette modalité dans leur convention de divorce.
Cette modalité montre la souplesse qui peut exister entre les parents qui se séparent, à l’instar d’une autre disposition décidée par les parents concernant l’organisation des vacances scolaires : « Nous nous accordons suffisamment de souplesse pour convenir ensemble d’une autre organisation, autant durant les petites vacances que les grandes vacances, et ce en fonction de nos projets respectifs et ceux de notre fils ».